Changement de garde : Ann Wurman reprend le flambeau Nele Plas

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Bonjour, Ann. Vous apportez à IVP votre grande expérience de la gouvernance. Votre mandat de directrice signifie-t-il que vous donnerez d’autres accents à la gestion?

Je voudrais avant tout remercier Nele Plas, qui m’a précédée à ce poste, pour le beau parcours de relance qu’elle a parcouru avec IVP. Elle s’est beaucoup investie dans la communication. Et je pense que c’est très important. Lieven et moi avons une formation en marketing, cette motivation est donc intrinsèquement très présente. Mais notre priorité est maintenant de continuer à bâtir la structure et de veiller à nos piliers et à notre budget.

Les élections approchent à grands pas. Dans le cadre de votre rôle au sein d’essenscia, vous avez collaboré à un plan de transition, qui concerne aussi les membres d’IVP. Pouvez-vous nous expliquer brièvement les fondements de ce plan?

Ann Wurman : La Flandre est un point névralgique mondial pour les produits chimiques, les plastiques, les produits pharmaceutiques et les biotechnologies. Pas moins de 95 % de tous les biens que nous fabriquons et utilisons en Europe sont directement liés à des produits ou à des processus chimiques. Notre secteur a donc un rôle très important dans la prospérité de la Flandre. Nous avons le talent, les connaissances et l’infrastructure nécessaires. Nous constatons toutefois que notre compétitivité est mise à rude épreuve en raison de l’augmentation des coûts de l’énergie et de la main-d’œuvre et d’un tsunami de réglementations. Les pays voisins, en particulier l’Allemagne, mais aussi les États-Unis avec leur Inflation Reduction Act, soutiennent, en outre, fortement leur industrie. Nous comptons, nous aussi, sur des politiques qui créent les conditions-cadres adéquates pour maintenir, voire renforcer, notre position concurrentielle. C’est fondamental pour la prospérité sociale et la transition vers un avenir plus durable.

Lieven Seys : Nos entreprises sont parées pour un avenir durable. De nombreuses mesures ont déjà été prises en vue du Green Deal. Mais pour qu’elles soient réalisables, il faut aussi un Industrial Deal. Je me penche, par exemple, depuis dix ans sur la collecte des déchets dans le secteur de la peinture. La réglementation est à ce point fragmentée en Belgique et en Europe qu’il existe de nombreux freins au développement et à l’innovation. Le secteur est sur-réglementé, ce qui empêche, hélas, souvent de progresser vers les objectifs du Green Deal.

Le Green Deal est omniprésent. Mais quels sont les autres défis auxquels le secteur doit faire face?

Ann Wurman : Le secteur de la chimie et des sciences de la vie représente quelque 100 000 emplois directs et plus du double d’emplois indirects en Belgique. C’est le chiffre le plus élevé depuis plus de 30 ans. Qui plus est, l’emploi n’a fait qu’augmenter, ces dix dernières années. Et même de plus de 2 000, l’année passée ! Cela nécessite, bien sûr, la disponibilité de talents bien formés. Notre secteur n’est, en outre, pas épargné par la vague de vieillissement. Un travailleur sur trois y a plus de 50 ans. Ces chiffres vous donnent la mesure du défi auquel nous sommes confrontés.

Lieven Seys : Le nombre d’entreprises de peinture est également en baisse, et ce alors que les peintures et revêtements ne disparaîtront jamais dans notre société. Aujourd’hui, l’âge moyen d’un peintre professionnel est de 52 ans. Dans 10 ans, la plupart d’entre eux se retireront du marché du travail. Il est donc essentiel de mettre davantage cette profession à l’honneur et de déployer des innovations pour travailler plus efficacement.

Ann Wurman : Il est crucial de maintenir l’attractivité du secteur et de diversifier le vivier de talents. Nous avons besoin d’une base solide pour y parvenir, ce qui passe par la formation. IVP compte un groupe de travail distinct qui s’y consacre et travaille sur des formules d’apprentissage numérique. Nous œuvrons donc sans relâche pour l’avenir !