« L’entrepreneuriat durable, c’est comme assembler un puzzle » 

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Lieven Seys est président d’IVP Coatings depuis fin mars 2022. Lieven est responsable marketing chez PPG Coatings et a été actif dans le secteur tout au long de sa carrière. Limiter l’impact des prix élevés des matières premières et de l’énergie, répondre aux objectifs ambitieux du pacte vert pour l’Europe, et encourager plus de personnes – jeunes et moins jeunes – à faire carrière dans la peinture, tels sont les principaux défis d’IVP. En ce début de nouvelle année, nous dressons ensemble le bilan de ses premiers mois en tant que président et jetons un regard sur l’avenir.  

Comment avez-vous vécu vos premiers mois en tant que président ?   
Lieven : « De manière très positive ! Je suis un bâtisseur et nous développons de nombreux projets. Nous avons élargi le conseil d’administration avec de nouveaux membres solides et avons désormais une représentation plus large des différents secteurs et compétences. Cela permet d’enrichir les idées et les discussions.

Nous avons célébré le 75e anniversaire d’IVP en septembre et avons enfin eu l’occasion de réseauter à nouveau. Mon réseau s’est également développé – par exemple, en tant que président d’IVP, je suis aussi membre du conseil d’administration d’essenscia -, ce qui me permet d’avoir une vision plus large. Après tout, nous formons un maillon important d’une grande chaîne. »

À quel point notre secteur industriel des peintures et des encres est-il diversifié ?  
Lieven : « Il est incroyablement diversifié. Nous protégeons le monde et lui donnons des couleurs. Tout ce que nous voyons autour de nous qui a de la couleur est recouvert d’une manière ou d’une autre d’un système de revêtement d’un de nos membres. Protéger est d’ailleurs la chose la plus durable que vous puissiez faire. Nos systèmes de revêtement sont conçus pour assurer la protection des objets pendant une longue période. Qu’il s’agisse d’une voiture, d’un avion ou d’une façade. Au fur et à mesure que la durée de vie de nos produits se prolonge, nous réduisons d’autant les besoins de produire, de transporter et d’appliquer. La durabilité a donc une signification multiple. »

Par ailleurs, la durabilité devient un enjeu de plus en plus important et aussi plus urgent. 
Lieven : « L’été dernier, j’étais en voyage dans les Alpes. Je ne m’y étais plus rendu depuis 1994. Je ne reconnaissais plus les montagnes : il ne restait plus un grain de neige sur le Cervin ! Cela m’a fait un peu peur. Et suscité un sentiment d’urgence en moi. Comment pouvons-nous accélérer les choses ? Réunir toutes les parties prenantes n’est que le début. Parce qu’il faut mener des actions tout au long de la chaîne, c’est un casse-tête assez complexe. »

Vous comparez l’entrepreneuriat durable à l’assemblage d’un puzzle ?  
Lieven : « Comme pour un puzzle, le début est le plus difficile. Il faut chercher les coins et les pièces du contour. Une fois que vous les avez, cela devient progressivement un peu plus facile et les pièces du puzzle s’assemblent plus rapidement. Dans le domaine de la durabilité, nous sommes également toujours à la recherche du contour. Où commence-t-il ? Où finit-il ? Il s’agit d’une longue chaîne de collaboration, dans laquelle il est important de savoir où nous voulons tous aller ensemble. Notre secteur innove constamment. Petit à petit, ces innovations permettront d’accélérer l’assemblage du puzzle. En particulier dans une économie circulaire, il est crucial de développer une collaboration à grande échelle. »

Comment la peinture peut-elle contribuer à cette économie circulaire ? 
Lieven : « Dans une économie circulaire, il est nécessaire de travailler sur de nombreuses facettes. Il peut s’agir de la composition des peintures et de leur production, mais aussi de la manière de traiter les déchets. Cette année, notre groupe de travail Sustainability lancera un projet pilote pour le circuit professionnel, et ce en collaboration avec Valipac, le centre de connaissances belge sur les déchets industriels, et d’autres parties prenantes. Nous nous concentrons en particulier sur deux pistes : 1. éviter le gaspillage en sensibilisant à la fois le secteur et les utilisateurs finaux, et 2. comment traiter les déchets d’emballage et de peinture en fin de cycle. Si nous parvenons à rendre les flux de déchets plus purs (emballages recyclés post-consommation, mieux triés, écurés), alors ils deviendront une matière première pour de nouveaux emballages, pour des peintures ou pour d’autres applications dans ou hors de notre filière. Mais il faut aussi boucler la boucle : comment arriver à des volumes conséquents ? Et sommes-nous prêts à utiliser ces peintures et emballages à base de déchets recyclés… ? »

Lors de l’événement IVP en septembre, vous avez déclaré que le secteur de la peinture est la solution dans le débat sur la durabilité, pas le problème. 
Lieven : « La chimie, tout comme les revêtements sont intégrés dans de nombreuses applications d’aujourd’hui. Malheureusement, la peinture est perçue comme étant polluante, alors qu’elle offre une protection durable. Innover ensemble pour pouvoir protéger encore plus longtemps, pour que les objets finissent moins rapidement sur les montagnes de déchets, telle est notre mission ! Et les exemples ne manquent pas, il suffit de regarder les systèmes d’isolation des façades extérieures des membres de Xthermo. En isolant thermiquement nos logements, nous contribuons tous à réduire notre empreinte carbone. Nous avons donc la solution ! Elle est entre nos mains ! De nombreux autres exemples montrent que nos systèmes de peinture contribuent à un monde plus durable. Pensez aux revêtements qui protègent les batteries des voitures électriques. »

Vous venez d’évoquer la diversité de notre secteur. Dans quelle mesure cette diversité est-elle importante ? 
Lieven : « La diversité est extrêmement importante. Elle englobe de nombreux aspects. D’une part, il y a la diversité des secteurs que nous représentons, mais aussi le renouvellement que nous avons apporté ces dernières années dans la gestion quotidienne d’IVP et au sein des différents groupes de travail. D’ailleurs, saviez-vous que deux de ces groupes de travail sont dirigés par des femmes influentes du secteur ? Mais la diversité, c’est aussi une question d’opportunités pour les jeunes au sein de notre secteur. Nous devons continuer à offrir des opportunités aux jeunes. Que ce soit dans une entreprise de peinture ou au sein d’un service R&D : nous en aurons grandement besoin dans un avenir proche. J’essaie moi-même de recruter un stagiaire chaque année en espérant qu’il continuera à travailler par la suite dans notre secteur fascinant de la peinture.

Comment voyez-vous l’année 2023 ? 
Lieven : « Cela reste flou, mais je vois principalement deux éléments teinter l’année 2023. D’un côté, une inflation élevée persistante, une récession, des troubles géographiques et politiques dans le monde, de nouvelles complications liées au COVID, une hausse du chômage et des taux d’intérêt, mais d’autre part aussi un élément d’optimisme. Optimisme car l’inflation ne peut pas continuer à augmenter et la fatigue de la guerre s’installera sans aucun doute, ce qui devrait nous permettre de revenir à des conditions de marché plus normales, à une reprise de l’économie et, espérons-le, à une croissance à nouveau à l’automne. C’est avec ces perspectives que je vous souhaite à toutes et à tous une bonne et heureuse année 2023. »

Lieven Seys a été élu président à l’unanimité par le conseil d’administration d’IVP Coatings. Le successeur d’Hugo Myncke (Toupret) est honoré d’assumer ce rôle. « Je pense qu’il est important pour moi, en tant que président, de me consacrer pleinement à tous nos membres, petits et grands. D’ailleurs, les choses bougent dans notre secteur, notamment dans le domaine de la durabilité. Si nous travaillons ensemble, nous pouvons relever n’importe quel défi. »